LA MIGRATION ENVIRONNEMENTALE

Les changements environnementaux et les catastrophes naturelles ont toujours été des principaux facteurs de migration. Cependant, les prédictions pour le 21e siècle concernant le changement climatique indiquent qu’un plus grand nombre d’individus sont prévus de se déplacer alors que les catastrophes dues aux conditions météorologiques telles que les précipitations et températures extrêmes deviennent plus fréquentes et plus intenses (GIEC, 2014), et que les changements climatiques influent sur les moyens de subsistance.

Même s’il n’y a, à ce jour, aucune définition internationalement acceptée pour la mobilité humaine pour des raisons environnementales, l'OIM a proposé une définition de travail générale qui cherche à saisir la complexité des questions en jeu:

« On appelle migrants environnementaux les personnes ou groupes de personnes qui, essentiellement pour des raisons liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer habituel ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l’intérieur de leur pays ou en sortent » (OIM, 2011 : 33).

Les personnes qui migrent pour des raisons environnementales ne tombent pas, de façon claire, dans une catégorie particulière prévue par le cadre juridique international existant. Les termes tels que « réfugié environnemental » ou « réfugié climatique » n’ont pas de fondement juridique en droit international des réfugiés. Il y a un consensus croissant parmi les organismes concernés, y compris le HCR, que leur utilisation doit être évitée. Ces termes sont trompeurs et pourraient saper le régime juridique international pour la protection des réfugiés.

Toutes les personnes qui se déplacent pour des raisons environnementales sont protégées par le droit international des droits de l’homme. En outre, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays en raison de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme sont protégées par des dispositions qui se trouvent dans les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays. Cette protection dépend de la mesure dans laquelle un pays a adopté les Principes directeurs.

MESSAGES CLÉS

  • Le mouvement des personnes est et continuera d'être affecté par les catastrophes naturelles et la dégradation de l'environnement. Le changement climatique est prévu d’avoir des répercussions majeures sur la mobilité humaine.
  • La migration environnementale peut prendre de nombreuses formes complexes; forcée et volontaire, temporaire et permanente, interne et internationale.
  • Le concept de « vulnérabilité » doit être mis au centre des réponses actuelles et futures à la question de la migration environnementale. Les plus vulnérables peuvent être ceux qui sont incapables de se déplacer ou ceux qui ne se déplacent pas (populations prises au piège).
  • La migration environnementale ne doit pas être comprise comme étant un résultat entièrement positif ou négatif - la migration peut amplifier les vulnérabilités existantes, mais peut aussi permettre aux gens de renforcer leur résilience.

 

Pour de plus amples informations, veuillez consulter IOM Outlook on Migration, Environment and Climate Change (disponible en anglais seulement).

 

Références

Organisation internationale pour les migrations

2011       Glossary on Migration, 2nd Edition, Droit international de la migration n° 25, OIM, Genève. Disponible à l’adresse http://publications.iom.int/bookstore/free/Glossary%202nd%20ed%20web.pdf

Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)

2014       Fifth Assessment Report (AR5). IPCC, Geneva. Disponible à l’adresse www.ipcc.ch/report/ar5/index.shtml